Après la gueule de bois, parfois la rage. Celle de découvrir sa vitrine éventrée, ses fleurs piétinées, son magasin saccagé. De voir, en quelques minutes, des années de travail et de soins jetées à terre.
Je pense à ces commerçants, à ces fleuristes qui mettent de la beauté dans nos rues et se retrouvent à ramasser du verre au milieu des bouquets. À celles et ceux qui accompagnent nos joies, nos amours, nos deuils… et qui doivent aujourd’hui trouver la force de relever leur propre maison.
« Les assurances paieront. » Comme cette petite phrase est commode pour ceux qui n’ont rien perdu !
Encore faut-il être couvert, selon les garanties et les exclusions du contrat. Et quel remboursement efface la peur, les nuits sans sommeil, l’énergie engloutie à tout recommencer ?
Aux saccages s’ajoutent les braquages, les cambriolages, les vols. Combien de verrous faudra-t-il encore poser pour avoir simplement le droit d’ouvrir sa porte chaque matin ?
Faudrait-il le rappeler ? Nous sommes distributeurs de la nature, pas gestionnaires d’un château fort.
Nos commerces ont besoin de vitrines ouvertes sur la vie. Derrière chacune, il y a un visage, une équipe, un savoir-faire, une famille. Et cette envie tenace de faire vivre un quartier.
À tous ceux qui balaient, réparent et rouvrent malgré la colère : notre solidarité doit se voir. Prenons de leurs nouvelles. Franchissons leur porte. Achetons un bouquet.
À ceux qui font fleurir nos villes, nous devons mieux que de les laisser seuls devant les débris.
J’ai mal à ma France !
Courage !
Commerces pillés ou dégradés : Petitscommerces et Dailyn publient un guide des aides et démarches















